“L’Alliance s’emploie à créer une conscience générale”, Philippe Darmayan

Le 11  octobre dernier, Philippe Darmayan a présidé la cérémonie de remise des premiers labels «Vitrine de l’industrie du futur». L’occasion d’expliquer le rôle joué par l’Alliance dans la modernisation de l’industrie française.

Philippe Darmayan. Diplômé de HEC, Philippe Darmayan a effectué toute sa carrière dans la métallurgie. De 2011 à 2014, il a été directeur général d’Aperam, l’un des principaux producteurs mondiaux d’acier inoxydable. Auparavant, il a été vice-président exécutif en charge de la distribution d’Arcelor-Mittal et membre du comité de direction de ce groupe. Président d’Arcelor-Mittal France depuis le 1er  janvier 2015, Philippe Darmayan est également président du Forum international de l’acier inoxydable (ISSF), président de la Fédération française de l’acier (FFA) ainsi que cofondateur de l’Alliance des minerais, minéraux et métaux. Il est également président de l’Alliance pour l’industrie du futur et du Groupement des fédérations industrielles depuis 2015. Photo : DR

AMMag – Que dites-vous aux PMI qui ont des difficultés à s’équiper de machines nouvelles, sans même parler de numérisation?
Philippe Darmayan – Il faut que les entreprises industrielles, petites et grandes, comprennent les évolutions actuelles et soient encouragées à travailler ensemble. L’Alliance diffuse auprès d’elles, filière par filière, les opportunités et les risques potentiels qu’elles peuvent tirer du numérique et de l’économie verte. Et comment se repositionner dans une chaîne de valeur en mouvement. L’Alliance rappelle aussi que l’industrie du futur permet de produire autant qu’avant avec moins de capitaux. Ce qui, de fait, permet d’investir dans d’autres développements. Au-delà de la modernisation nécessaire des PMI-ETI, notre ambition est d’améliorer les relations au sein des filières entre grandes et petites entreprises tant au plan des relations de sous-traitance que dans la conception des produits. C’est par des écosystèmes forts que l’on assurera le développement industriel de la France. Les filières aéronautique et automobile ont montré le bénéfice que l’on peut en obtenir sur le long terme.

AMMag – Ce mouvement a-t-il une existence territoriale ?
Ph. D. – Avec le renforcement des compétences des Régions en matière de développement économique, l’intérêt que porte l’État à l’industrie du futur depuis 2012 se traduit par des initiatives territoriales. L’Alliance contribue donc autant que possible au développement des «PMI du futur» dans le cadre des priorités définies par les Régions.

AMMag – Des dispositifs anciens, tel Acamas, méritent d’être encouragés, car ils accompagnent cette évolution. Qu’en pensez-vous ?
Ph. D. – L’industrie du futur se veut le prolongement de tous ces programmes qui ont été initiés il y a plusieurs années et qui contribuent à moderniser l’industrie française. Au-delà, elle vise également à développer le recours aux technologies nouvelles et à clarifier le rôle de l’homme dans ces nouvelles façons d’innover et de produire. Sur ce dernier point, j’insiste auprès des professionnels de la formation, initiale comme permanente : ils doivent accomplir des efforts d’adaptation aux enjeux nouveaux. Sans eux, on hypothèque l’avenir.

AMMag – Allez-vous communiquer les nouveaux lieux de création de la valeur ?
Ph. D. – Oui, nous allons le faire filière par filière, car on ne peut pas établir une loi générale de ce déplacement. L’évolution de la valeur dépend aussi de l’innovation. Nous voulons que les industriels prennent position le plus rapidement possible. S’ils maintiennent leurs activités sans bouger, le retard sera difficilement rattrapable, voire impossible. Pour éviter cela, il faut qu’une conscience générale se prenne et l’Alliance s’y emploie.

> Pour en savoir plus : exemples-aif.industrie-dufutur.org