Cap sur les grands ouvrages

L’actuel président de Vinci Construction, Jérôme Stubler (Cl. 83), a commencé sa vie professionnelle comme chef de projet du pont de Normandie après un court passage en bureau d’études. Sa passion pour les grandes réalisations ne l’a jamais quitté et l’a amené à travailler sur les cinq continents.

Jérôme Stubler aime les grands projets et est toujours resté fidèle à Vinci. Avant de devenir PDG de Vinci Construction, il avait effectué sa carrière au sein de Freyssinet, l’une de ses filiales. Le premier déclic de sa future carrière survient à la fin de ses années d’études aux Arts et Métiers. Il est à Cluny quand un homme demande à le voir. C’est Henri Bonin (Cl. 62), qui deviendra président de Freyssinet. L’ancien major, entré à l’École polytechnique après l’Ensam, lui conseille de faire de même. «J’ai suivi son conseil et je suis resté en contact avec lui.» À la sortie de l’X, il lui propose de devenir le chef de projet du pont de Normandie, grand chantier que Freyssinet vient de remporter.

Des ponts et des voyages

Pendant un an, Jérôme Stubler va suivre une formation accélérée comme ingénieur d’études. «Et, à 26 ans, je me suis retrouvé patron du projet pour Freyssinet.» Un beau et passionnant lancement de carrière. Le plus grand pont à haubans de l’époque, long de 2 141 m, enjambant l’estuaire de la Seine entre Le Havre et Honfleur, rassemble les meilleurs ingénieurs français. En acceptant cette mission, il renonçait à un autre projet hors du commun. «Je devais partir sur “Esprit de liberté”, le bateau de Patrick Tabarly [frère d’Éric, NDLR] pour la Whitbread, le tour du monde à la voile. Je n’ai pas regretté mon choix, ils ont démâté.»
La passion de la voile ne l’a toutefois pas quitté, il navigue encore en course et en croisière avec sa famille sur son propre voilier. Après le pont de Normandie, il dirige la construction d’autres grands ponts, sur l’Iroise (Finistère), sur le Tage (Portugal), à Hongkong (Chine) ou une plateforme off-shore à Terre-Neuve (Canada). «Quand on entre dans ce métier, on tombe vite amoureux de ce type de réalisation, on ne travaille qu’avec des gens qui sont complètement passionnés. C’est une autre relation au travail, avec un mode de management différent, car l’objet à construire motive les équipes.»
Au bout de sept ans, il devient directeur technique de Freyssinet. «Puis, en 1999, on m’a demandé de lancer une start-up au sein du groupe Vinci pour suivre les structures via internet : ce fut l’expérience Advitam. Je devais y rester trois ans, mais la jeune pousse s’est très vite développée et, au bout de dix-huit mois, j’ai repris les grands projets, l’ingénierie, les usines et les activités en France de Freyssinet.» Fin 2008, le voilà arrivé à la direction générale de Freyssinet. Il participe à la création de Nuvia, acteur du nucléaire aujourd’hui reconnu, et, trois ans plus tard, Jérôme Stubler est nommé directeur général de Soletanche Freyssinet, numéro un mondial des métiers de spécialité de construction. Enfin, son expérience de l’international alliée à une passion pour la technique lui vaut d’être promu à la direction générale de Vinci.
Ses différentes responsabilités ont amené Jérôme Stubler à se rendre fréquemment à l’étranger pour de courts séjours. «Je passe beaucoup de temps dans les avions. Mon bureau, c’est avant tout mon ordinateur.» Son goût pour les voyages est pourtant demeuré intact. «Nous partons à l’étranger deux fois par an en famille. Nous souhaitons que nos enfants découvrent la diversité du monde, qu’ils s’ouvrent à d’autres cultures.»

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