Cimenter le business

À 35 ans, Julien Guiganti (Bo. 203) pilote une unité commerciale innovante au sein de Lafarge-Holcim. Une évidence pour le gadzarts qui s’est construit un profil de business développeur dans l’industrie depuis l’obtention de son diplôme d’Arts et Métiers, complété par un mastère spécialisé à Lyon.

Julien-Guiganti
Julien Guiganti (Bo. 203). 2007 : Responsable commercial et marketing à l’international (Chryso). 2009 : Business développeur international et ingénieur d’affaires pour le marché suisse (Chryso). 2011 : Ingénieur-chef de marché marketing de secteur béton prêt à l’emploi (Lafarge). 2016 : Responsable du centre de profit et de production Airium (Lafarge-Holcim).

Julien Guiganti sait ce qu’il veut. Et se donne les moyens de l’obtenir. Attiré par l’industrie et soucieux d’échapper aux formations théoriques, il entre au Campus de Bordeaux. S’il vise d’abord l’ingénierie aéronautique, il se rend compte en troisième année qu’il cherche une vision plus globale de l’industrie : «Je voulais rencontrer les clients et travailler sur le produit fini, pas uniquement sur des éléments épars», explique-t-il. Direction une école de commerce pour un mastère spécialisé en stratégie et développement des affaires internationales à l’école de management EM Lyon Business School.
À sa sortie en 2007, un poste en marketing se présente dans un secteur qu’il ne connaît pas : la chimie du bâtiment. «On m’a fait confiance, c’était une chance de commencer en commerce et marketing avec mon profil d’ingénieur ! J’y suis allé pour l’intérêt du poste mais j’ai rapidement accroché avec le domaine d’activité, car la connaissance du processus industriel des clients influe fortement sur le choix du produit — ce qui est captivant pour un ingénieur.» Il intègre donc Chryso, société spécialisée dans la mise au point d’adjuvants. Il y développe un pôle marketing et, en parallèle, des solutions techniques pour les différentes gammes de produits. Épanoui au sein du marketing, il se voit proposer de développer un pôle à l’international. «J’ai découvert d’autres cultures et pris en charge le développement d’adjuvants destinés aux nouveaux broyeurs verticaux», précise l’ingénieur, qui devient également ingénieur commercial pour la Suisse en 2009.
Le développement de produits de A à Z, de la R&D à la vente aux prospects, ainsi que la collaboration avec les équipes ont fini de le convaincre que le développement d’affaires est fait pour lui. «Avoir une base technique est un avantage indéniable par rapport à des profils sortant d’écoles de commerce, mais il faut se former et acquérir de l’expérience pour gérer un marché et piloter sa stratégie.»

Intrapreneur chez Lafarge

En 2011, Julien Guiganti sent qu’il est temps de passer un cap. Or, Lafarge lui propose d’intégrer un groupe international. Il est recruté comme ingénieur chef de marché marketing B-to-B sur le secteur du béton prêt à l’emploi. «J’ai appris les processus inhérents à une grande entreprise et l’encadrement était propice à ma progression. Cela m’a permis d’identifier les atouts et les lacunes de mes postes précédents, où j’étais plus isolé.»
À l’écoute de son projet professionnel, Lafarge le missionne en janvier 2016 pour piloter la «business unit» Airium, du nom de sa mousse de béton isolante très basse densité. Le produit est développé depuis plusieurs années par la R&D. Ne manquent alors que les machines de remplissage pour les blocs de béton : mise au point, cette application fait entrer Lafarge dans le domaine de l’isolation. «Une première unité a été lancée en novembre 2016 sur ce marché vierge», se félicite Julien Guiganti.
L’ingénieur ne veut pas brûler les étapes. Il se voit bien continuer à gérer la croissance d’Airium avec davantage de ressources et un compte pertes et profits plus important. Il pourrait aussi migrer vers une autre activité en restant sur le développement — «peut-être à l’international, car cela me manque».

Laisser un commentaire