Codifor exporte son savoir-faire en Chine

Pourquoi la ville de Haining, située au sud de Shanghai, a-t-elle tapé à la porte de Codifor (1) avant de créer une filière de formations de techniciens et techniciens supérieurs ?

Visite de l’Institut des techniciens de la ville de Haining. De gauche à droite : M. Zhang, directeur de l’Institut, Annie Legrandeur, experte en gestion des ressources humaines pour l’industrie chez Codifor, Édith Dendeluex, experte en ingénierie des compétences chez Codifor, Sophie Vidaud (Bo. 88), experte conseillère emploi-formation chez Codifor, et Alice Chen, responsable du bureau d’Énergie 7 de Shanghai.

«En Chine, il existe des formations d’opérateurs mais pas de techniciens. Les opérateurs acquièrent un niveau de compétences égal à celui d’un technicien par l’expérience, au bout de plusieurs années sur le terrain. Mais il n’y a là rien de formel», témoigne Sophie Vidaud (Bo. 88), experte conseillère emploi-formation chez Codifor. Parallèlement, les dirigeants chinois ont favorisé les études longues, type bac + 5, sans se soucier véritablement des formations intermédiaires, de type bac + 2, celles que plébiscitent les entreprises françaises.

Création d’un centre de formation à Haining

«Aujourd’hui, ce profil de salariés – c’est-à-dire du personnel capable d’analyse technique, d’intervention structurée et méthodique et d’amélioration des procédés de fabrication – fait cruellement défaut, notamment pour les industriels de l’Hexagone installés là-bas, tels que Safran, Lisi Automotive, Eolane ou R. Bourgeois», déclare Édith Dendeleux, experte en ingénierie des compétences chez Codifor. Crystal Yang, directrice générale de Technip Chine, ne dit pas autre chose : «Je suis convaincue que les usines et les entreprises ont besoin de techniciens qualifiés en Chine. Cette demande n’émane pas seulement des sociétés françaises ou internationales, mais aussi des entreprises chinoises.
Je souhaite vraiment que ce projet soit une réussite.»
Ce besoin a été identifié par la société de conseils Énergie 7, implantée depuis 1992 en République populaire. Son patron, Pierre Dhomps, et ses équipes ont naturellement fait le lien entre Chinois et Français. Nos deux interlocutrices de Codifor ont assisté, le 8 juillet dernier, au siège de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, Paris 17e, à la signature du partenariat avec la municipalité de Haining, dont l’objet final est la création d’un centre de formation franco-chinois, prioritairement destiné à répondre aux besoins des industriels français. Elles ont récemment fait le voyage en Chine – en compagnie d’un enseignement chercheur de l’université Paris-Nanterre, associée dans cette affaire. La première mission porte sur l’analyse des besoins des entreprises s’appuyant sur un questionnaire approfondi. La municipalité de Haining possède déjà les locaux et va acquérir le matériel pédagogique. «À l’évidence, la collectivité chinoise veut aller vite», souligne Sophie Vidaud, qui devra y retourner avec ses collègues en décembre, pour cartographier les formations existantes afin d’en tenir compte dans la définition du dispositif franco-chinois. Après le Maroc, ce sera alors le deuxième partenariat majeur porté par Codifor à l’étranger.

(1) Agence de Coopération internationale de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM).