Contenu “premium” contre pub

La jeune start-up Moonkey propose d’élargir l’audience des contenus haut de gamme en ligne en soumettant leur accès au visionnage préalable d’une vidéo publicitaire.

Les deux cofondateurs de Moonkey, Clément Doré (à gauche) et Maxime Noulin (Ai. 213). Photo : DR

Moonkey veut surfer sur les mutations en cours dans les modèles de rémunération de la presse en ligne et des applications web. L’objectif de ses deux fondateurs, Maxime Noulin (Ai. 213) et Clément Doré (issu de l’École supérieure des sciences commerciales d’Angers), est de permettre aux utilisateurs d’applications et de sites web de débloquer, via un sponsoring publicitaire, des contenus «premium», c’est-à-dire à forte valeur ajoutée : articles de journalistes, coaching sportif personnalisé, bonus de jeu, par exemple. Le principe : pour y avoir accès gratuitement, l’internaute doit d’abord visionner une vidéo d’environ 30 secondes parmi les trois qui lui sont proposées. «De son côté, l’éditeur peut “monétiser” davantage de contenu. Quant aux annonceurs publicitaires, ils touchent un public ciblé, car nous “pousserons” des publicités en fonction du contenu visité», explique Maxime Noulin. Un an après le démarrage du projet, lauréat de -plusieurs prix en 2016, dont le prix Jeune entrepreneur du Clenam, la start-up a été lancée commercialement en mars dernier. Elle vient de nouer un premier partenariat avec un réseau publicitaire programmatique (s’appuyant sur des algorithmes de navigation internet [1]), qui draine des campagnes sur la plateforme. Moonkey équipe deux sites de presse, dont un appartenant à la «Tribune de Lyon», et deux applications. L’intégration de la plateforme est gratuite pour l’éditeur ; Moonkey se rémunère avec des commissions prises sur la diffusion des campagnes publicitaires. D’où la nécessité d’élargir son audience, «pour avoir du poids face aux réseaux programmatiques et aux marques».
Côté technique, Moonkey a engagé un programme de R&D sur un nouveau format de vidéo interactive qu’elle compte lancer sur le marché d’ici à octobre. La start-up emploie six personnes depuis avril et vise surtout le marché de la presse en ligne et des -applications utilitaires !

(1) Les réseaux programmatiques livrent des données aux marques pour qu’elles ciblent mieux leur clientèle potentielle. Les marques achètent des espaces publicitaires en temps réel sur différents canaux (Internet, applications) ou programment des campagnes ciblées (selon le canal, l’heure, l’actualité…).

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