De l’or pour les braves

Vous avez certainement lu «l’Or – la Merveilleuse Histoire du général Johann August Suter», une biographie romancée écrite par Blaise Cendrars. L’auteur helvétique retrace l’incroyable destin d’un compatriote, Johann August Sutter, confronté à la grande ruée vers l’or de 1848 en Californie. Cette histoire vraie reste, aujourd’hui encore, des plus contemporaines. Imaginez et transposez… Le chercheur d’or, c’est le start-upper innovant, génial, plein d’allant, créateur d’algorithmes, à la recherche de la pépite qui transformera définitivement sa vie et celle de ses utilisateurs.
Comme les «forty-niners», le start-upper n’hésite pas à investir des territoires vierges, encouragé par une société qui prône la création d’entreprise. Puis une forme particulière d’hystérie collective s’empare des gens. La machine à rêves, amplifiée par l’écho médiatique, lève des légions de prospecteurs. Il n’y a, dès lors, point de territoire qui n’ouvre son temple dédié à la start-up. La culture de l’usage numérique fait la part belle aux découvertes empiriques, pudiquement maquillées par les fameux «éléments de langage», ces mots clés du quidam en quête de gloire.
Et, parce que l’or est le Graal, on oublie trop vite que la vie ne se résume pas à une pépite. La réalité demeure plus sombre. Les statistiques des start-up qui se cassent le nez au bout des premières années viennent briser les rêves des plus acharnés. Il n’empêche, les candidats ne désarment pas et repartent souvent vaillamment dans une nouvelle aventure. Au fait, vous souvenez-vous de la fin dramatique du riche négociant et industriel Sutter ? Il finit ruiné par la découverte d’or sur ses propres terres, en Californie, dévastées par les centaines de milliers d’orpailleurs qui affluent. D’autres, en revanche, deviennent millionnaires : les vendeurs de pelles et de pioches.

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