Deuxième départ

Bernard Wetzel (Ch. 88) s’est appuyé sur vingt ans dans l’industrie comme directeur technique et directeur de site pour engager la seconde moitié de sa vie professionnelle à la barre d’une PME reconnue sur son secteur du packaging.

Bercé dans un environnement familial d’entrepreneurs, Bernard Wetzel savait qu’il finirait par sauter le pas. Mais il n’a pas brûlé les étapes, posant çà et là des jalons pour être prêt le moment venu. Après vingt ans dans l’industrie, en 2013, il reprend BCM-Engineering, un fabricant de machines dans le secteur du packaging. Officier de marine durant son service militaire, en 1991, il est chargé de l’énergie propulsion à bord d’un navire. Il travaille sur des équipements SEMT Pielstick. L’entreprise française, aujourd’hui détenue par le groupe MAN, l’engage à son retour comme responsable d’atelier à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Il y reste trois ans avant de rejoindre, en 1996, N. Schlumberger (NSC) en tant que responsable du service méthodes et industrialisation jusqu’en 2004. Il en profite pour obtenir un certificat d’aptitude à l’administration des entreprises à l’IAE de Strasbourg en 2002.
Spécialisée dans la fabrication de machines pour l’industrie textile, N. Schlumberger subit la crise du secteur et doit se diversifier en rachetant des activités, notamment dans le packaging. C’est alors qu’en 2005 Bernard Wetzel se voit proposer la direction technique d’une de ces acquisitions, Pakea. Trois ans plus tard, on lui en confie la direction. «Nous faisions des études et de la conception de machines très spécialisées, personnalisées.»

Reprise à la maturité

En 2013, à la faveur d’un changement de direction, Bernard Wetzel est rattrapé par son destin d’entrepreneur. «Régulièrement, je louchais vers les associations de repreneurs. À 45 ans, j’ai senti que c’était le bon moment.» Avant de se lancer, l’ingénieur analyse une dizaine de reprises d’affaire possibles, suit la journée «Réveille ton étoile» de Marc Pavageau (An. 81), s’appuie sur son réseau, enchaîne les rencontres et trouve son bonheur en sept mois. Ce sera BCM-Engineering, fabricant de machines de distribution et d’orientation de flacons pour des lignes de remplissage (cosmétique, pharmaceutique, alimentaire). «Je cherchais une société qui fabriquait ses propres produits, j’avais mis de côté la sous-traitance.» Le défi est de taille : il doit remplacer l’un des deux actionnaires sur la partie commerciale et l’international. Or, s’il s’est frotté à des problématiques technico-commerciales chez Pakea, il n’a jamais œuvré sur des aspects purement commerciaux. Mais le domaine est très technique : «Cela m’a permis d’être vite performant au niveau commercial, car on vend surtout à de grands groupes industriels comme Beiersdorf, L’Oréal, Nestlé ou Yves Rocher, chez lesquels on parle vite technique avec des ingénieurs.»
Depuis le départ du second actionnaire fin 2016, Bernard Wetzel est seul aux commandes de BCM. Au mPenu : poursuivre le développement de l’activité à l’exportation, tout en consolidant ses marchés traditionnels en Allemagne, en Suisse et en France. Le tout avec un credo : «S’appuyer sur l’humain, héritage des Arts et Métiers, car, pour satisfaire les clients, chaque membre d’une équipe a son importance.»