Faire décoller la filière drones

Elodea Ecosystem veut donner du souffle aux drones en fédérant les acteurs impliqués dans la filière. Et en partant des industriels pour leur fournir des solutions adaptées à leurs besoins.

Marc Pavageau (Ai. 81) et Kamel Louhaichi (Bo. 81), cofondateurs d’Elodea Ecosystem.

Peut-on doper la filière drones ? C’est pour répondre à la question que Marc Pavageau (Ai. 81) et Kamel Louhaichi (Bo. 81) ont créé Elodea Ecosystem. Leur constat : malgré de très nombreuses initiatives, cette filière industrielle ne décolle pas. Pourquoi ? Parce que les formations destinées aux spécialistes sont trop rares, ce qui entraîne un manque de solutions packagées répondant aux besoins réels des industriels.

Dimension transméditerranéenne

Les drones s’appuient sur différentes technologies, exigeant diverses compétences : capteurs, mécatronique, mégadonnées («big data»), reconnaissance d’image, sans oublier la dimension réglementaire. «Tant qu’on continuera à découper la chaîne de valeur, on n’arrivera à rien. Il faut des solutions packagées pour conquérir des marchés importants», juge Marc Pavageau. Du coup, les deux entrepreneurs ont décidé de partir du marché, en analysant les besoins d’un industriel et les gains potentiels qu’offrirait un drone, avant de développer une solution interentreprises en mode projet. Elodea Ecosystem veut aussi fournir un support technologique aux start-up et les accompagner dans le lancement d’une solution pour rassurer les investisseurs. «Il faut aligner les objectifs de chacun pour limiter la prise de risque car on vise des investissements d’au moins 20 à 30 millions d’euros», souligne Marc Pavageau. Les programmes de développement permettront aussi de déceler les nouveaux métiers générés par la filière. Et des domaines porteurs : inspection de sécurité (lignes électriques, corrosion), agriculture, exploration minière, construction, voire transport de marchandises.
L’Europe et le Bassin méditerranéen sont les premières cibles d’Elodea Ecosystem, qui s’appuiera notamment sur le Maroc, place financière du continent, et la Tunisie, «plateforme de formation majeure de l’Afrique», rappelle Kamel Louhaichi(1), président des gadzarts de Tunisie, qui a insisté pour que «le projet porte une dimension transméditerranéenne dans son ADN». 

(1) Kamel Louhaichi administre la société de gestion AfricInvest, qui va gérer un nouveau fonds franco-africain de 100 M€ pour le développement des PME en Afrique, soutenu par BPI France (40 M€).

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