Fraternité et foi en l’avenir

Lorsque l’éphémère commission électorale que j’ai l’honneur de présider aura terminé son office, je reprendrai mon rôle parmi les «historiens gadzarts». Cette expérience aura renforcé ma passion pour la connaissance de la vie et des œuvres du duc de La Rochefoucauld-Liancourt, notre «bon duc». Celui qui tira de la philosophie des Lumières le meilleur pour l’élévation de chaque individu et l’harmonie sociale de ses contemporains n’a pas fini de nous inspirer.

Écoutons-le, lorsque, en qualité d’inspecteur général des Écoles d’Arts et Métiers, il s’adressait aux élèves de Châlons le 14 septembre 1811 : «Vous serez les auteurs de l’avancement de vos frères. Répandus sur divers points de l’Empire, vous n’en conserverez pas moins cet esprit de famille, ce sentiment d’affection qui, né dans une éducation commune, jette dans les cœurs les racines profondes que le temps détruit rarement. En vous communiquant vos intérêts, vos espérances, vous vous communiquerez encore vos observations sur les arts que vous pratiquerez, sur les moyens nouveaux d’abrégement de travail, de perfectionnement, sur les découvertes qui viendront à votre connaissance. Ainsi, cette affection fraternelle, dont vous éprouverez tant de douceur, sera encore un moyen de progrès pour l’industrie nationale, objet de cette institution.»

La Fraternité, devise intemporelle et active des gadzarts, cimente leur engagement. Chaque sociétaire de notre institution bientôt bicentenaire pourra participer au scrutin du 9 décembre 2017 qui désignera les administrateurs bénévoles qui auront la charge de conduire nos destinées associatives. Ce choix doit désigner les plus aptes d’entre nous à représenter plus de 30 000 membres unis par l’engagement collectif. Fidèles à la pensée du «bon duc», ils auront à relever de nombreux défis.

Par une belle coïncidence, le 2 août dernier, nos nouveaux statuts associatifs ont été publiés au «Journal Officiel» et, ce même jour, le quotidien «Le Monde» consacrait une page entière dans la série «Révolutions d’amphi» à notre École (1), montrée en exemple avec cinq autres institutions d’enseignement supérieur (2), pour avoir donné un élan de progrès dans notre pays. «L’arrivée du numérique n’est pas le premier défi auquel l’enseignement supérieur est confronté», peut-on lire dans cet article. «Avec
la révolution industrielle a émergé le besoin de former des ingénieurs. Une école d’un nouveau genre va naître : les Arts et Métiers.» Le rôle visionnaire de notre fondateur et la mission inaltérable des Arts et Métiers y sont rappelés.

Nous avons été aux avant-postes pour mener les premières révolutions industrielles : celles de la machine à vapeur, du chemin de fer, de la mécanisation puis de l’électricité, du moteur à explosion, de l’automobile, de l’avion, de l’énergie de l’atome, de l’exploration spatiale. La révolution en cours, celle de la cybernétique, des techniques de l’information et de l’usine 4.0 a besoin des gadzarts, non pas comme des suiveurs mais comme des pionniers. L’École et nos groupes professionnels y travaillent.
Les futurs étudiants y sont sensibilisés. Le défi est à notre portée ! En plus de la science et de la technique, le gadzarts possède un atout essentiel : la compréhension du rôle social de l’ingénieur dans l’entreprise. «Heureux celui qui a compris le besoin du pauvre», rappelait souvent notre duc. Cette dernière recommandation est gravée sur sa tombe.

Sachons être à la hauteur des ambitions de notre chère École qui vient d’accueillir, avec la promotion 2017, le 100 000 e gadzarts ! Ce 100 000 e gadzarts incarne la foi dans l’avenir
de notre formation.


(1)
Article titré «les Arts et Métiers, la science en action».
(2) La Sorbonne, les Arts et Métiers, l’École normale supérieure, l’École supérieure de commerce de Paris, Sciences Po et Vincennes-Dauphine.

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