Grand carénage : la leçon de Fukushima

À l’occasion d’une conférence, le 12  septembre à Paris, Étienne Dutheil, directeur grand carénage chez EDF, a rappelé le contenu du grand projet d’entretien et de remise à niveau des centrales nucléaires.

EDF va investir une quarantaine de milliards d’euros d’ici à dix ans. Mais, insiste Étienne Dutheil, «l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)devra donner son imprimatur à chaque étape». Elle validera, en effet, chaque opération et réceptionnera chacun des sous-chantiers, sans s’interdire d’éventuels contrôles inopinés.
L’ASN a également renforcé la sécurité globale des centrales à la suite de la catastrophe de Fukushima. Selon Étienne Dutheil, l’étude révèle qu’il a manqué, pour l’éviter, «un peu d’eau et un peu d’électricité. Un peu d’eau à faible débit aurait suffi à maintenir à bonne température le cœur du réacteur. Mais, une fois celui-ci arrêté, une puissance résiduelle continue à produire de la chaleur. Un peu d’électricité aurait pu préserver les équipements permettant le fonctionnement du contrôle-commande et des circuits d’eau». D’où la création, par l’ASN, de nouvelles règles dans l’hypothèse où toutes les mesures existantes auraient échoué. L’objectif est de résister à un fort séisme et à une inondation totale de la centrale. Les deux premières étapes consistent à mettre en œuvre des moyens mobiles transitoires, composés d’un groupe électrogène fonctionnant au diesel et d’un système d’appoint en eau durci. Enfin, la 3e étape devra réduire le risque de fusion du cœur afin d’épargner toute contamination au territoire environnant. Des pays producteurs d’électricité électronucléaire, «la France est la seule à imposer cette dernière protection», conclut Étienne Dutheil.

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