Grimper aux arbres sans casser du bois

La conjoncture aéronautique est bénie des dieux. Le trafic aérien de passagers progressant de plus de 5 % depuis 2013, les compagnies aériennes ont besoin de nouveaux avions. Selon les deux principaux constructeurs, Airbus et Boeing, la flotte mondiale d’avions commerciaux devrait doubler de taille d’ici à 2035. Salon du Bourget oblige, et devant l’augmentation exponentielle des carnets de commandes d’avions civils et militaires, la rédaction de votre magazine s’est posé une question : comment fabriquer à temps et en qualité ? Comment passer de 450 avions commerciaux livrés annuellement par Airbus à 900 d’ici à 2020 ? Sans oublier que le spatial et le secteur militaire connaissent, eux aussi, un regain d’activité notamment avec Ariane 6 et les commandes du Rafale. C’est ainsi que, curieux, nous sommes partis à la rencontre d’ingénieurs qui préparent, sur leurs sites industriels, cette montée en puissance. Safran Aircraft Engines a, par exemple, réorganisé sa chaîne d’assemblage de Villaroche pour être capable de produire des moteurs à des cadences inédites. Une «pulse line» inspirée de l’automobile est en rodage. À Mérignac, vous découvrirez comment Thales encourage et stimule concrètement la créativité de ses équipes R&D dans leur «hub innovation». Une fois de plus, de nombreux gadzarts tiennent le haut du pavé dans la direction et le management des sites industriels.
Nous ne pouvions clore ce dossier sans parler du prix Nessim-Habif 2017 de la Société des ingénieurs Arts et Métiers, dont le fondateur, gadzarts de la Lille 1903, désirait qu’il soit décerné alternativement à un ingénieur qui, par son intervention, aura contribué sensiblement au progrès de l’industrie et à un ingénieur qui, par son esprit inventif, aura contribué à accroître de façon significative le prestige de l’École d’Arts et Métiers. C’est chose faite avec Pierre Alesi (Ai. 52), le père du CFM56, qui cumule les deux conditions. Mondialement connu, son réacteur permet à un avion de décoller toutes les deux secondes dans le monde.

À noter : en jargon aéronautique, «grimper aux arbres» signifie faire monter son avion très vite et «casser du bois», c’est endommager l’appareil.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.