Ingénieur responsable

Passionné par la technique, Hervé Fellmann (Ch. 86) croit au progrès, mais à un progrès «durable». C’est ainsi que le dirigeant de Soprema France conçoit son métier d’ingénieur.

Hervé Fellmann (Ch. 86)

«Je suis un gadzarts pur jus», lance Hervé Fellmann, directeur général de Soprema France. Pour preuve de son attirance précoce vers l’industrie, il mentionne son CAP de dessinateur en construction mécanique, passé en candidat libre durant son année de première. Aux Arts, il choisit l’option productique, puis rentre en tant que responsable de production dans une PME de Saône-et-Loire spécialisée dans l’injection plastique. Peut-être la seule «erreur» de toute sa carrière : «Au bout de deux ans, j’ai compris que je n’avais rien à espérer dans cette entreprise : j’ai cherché autre chose.»

En 1992, il répond à une annonce et se rend à un entretien en ignorant tout du fabricant de produits d’étanchéité et d’isolation du bâtiment qu’il n’allait plus quitter. «Tout s’est joué sur la relation tissée avec Pierre-étienne Bindschedler, l’arrière-petit-fils du fondateur de Soprema, qui prenait les rênes de l’entreprise au moment où je suis arrivé. J’ai grandi avec le groupe… qui croît de 10 % depuis vingt-cinq ans. »

Promoteur des éco-matériaux

Après un premier poste très technique, où il développe la GPAO de l’usine de Strasbourg, on lui confie la -direction du site de Zürich en 1995. Dès lors, les responsabilités s’enchaînent : direction industrielle Europe en 2002, monde en 2009. Point d’orgue : la construction de l’usine d’Alexandrie (Égypte), en partenariat avec la société des pétroles égyptienne. «Une sacrée aventure !», se souvient Hervé Fellmann, nommé directeur général de Soprema France trois ans plus tard. Aujourd’hui à la tête d’une activité pesant près d’un demi-milliard d’euros de chiffre d’affaires, ce grand admirateur de l’aéronaute Bertrand Piccard dit avoir pour ambition de contribuer, à son échelle, «à la prise de conscience de la nécessité des matériaux renouvelables, dans la construction et ailleurs.»