Ingénieurs et solidaires

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Jean-Marie Vigroux (c) Romaric Mathieu

Un accident de la circulation nous prive ce mois-ci du mot de notre président, Jean-Marie Vigroux (Bo. 74). Conformément à son souhait, c’est le bureau de la Soce qui prend la plume pour témoigner sur le métier de l’ingénieur et la solidarité dont il doit être empreint.

Le métier d’ingénieur s’appuie sur les sciences et les techniques pour imaginer ce qui pourrait être, fabriquer ce qui a été conçu ou opérer ce qui a été réalisé. C’est sa constante à travers le temps. Ce qui varie en revanche à travers les âges, c’est la façon dont on y est formé et la manière dont on l’exerce.

Ingénieurs pour la vie

La mise à disposition de chacun d’entre nous des ressources quasi illimitées d’Internet transforme ce qui était centré autrefois sur l’acquisition de savoirs en besoin de développement des compétences. Compétences pour discerner ce qui est utile et ce qui détourne de l’essentiel. Compétences pour assimiler de nouvelles connaissances et mettre en œuvre de nouveaux procédés. Compétences, enfin, pour développer l’agilité nécessaire pour suivre et anticiper les évolutions rapides de notre environnement et être toujours plus réactif face à l’imprévu. Car tout va toujours plus vite. Il suffit de regarder l’évolution démographique de notre planète et la mondialisation de nos activités pour avoir une explication du phénomène.

Alors, si la constante est la vocation de l’ingénieur et la variable la manière dont il se forme et pratique son métier, quelles en sont les conséquences pour les gadzarts ?

La rigueur, qui est le socle de nos activités, se conjugue plus que jamais avec la capacité d’élargir notre champ de vision, de penser différemment, de visualiser une organisation alternative qui permette à chacun d’exprimer ses talents et au plus grand nombre de participer au mouvement.

L’autorité et le contrôle, tout en s’exerçant pleinement, s’estompent au quotidien pour laisser la place à l’initiative et à la responsabilisation de chacun. Notre solide formation initiale s’adapte, tant dans les disciplines techniques que dans la formation des hommes et l’animation des équipes. Elle évolue pour mieux préparer les ingénieurs à répondre aux besoins des entreprises de demain, de l’industrie du futur. Car le dirigeant n’est plus celui qui sait et dit ce qu’il faut faire — ce modèle sera rapidement dépassé. C’est celui qui encourage ses équipes à se réaliser pleinement tout en gardant cette capacité à donner le tempo, à réorienter les trajectoires et à arbitrer lorsque c’est nécessaire. Tous, au sein de notre association, nous pouvons témoigner de cette transformation.

Solidaires toujours

La performance passe plus que jamais par un équilibrage entre le pilotage des objectifs à atteindre, l’adhésion des sujets à une démarche faisant sens pour eux et pour le groupe, et la promotion de la collaboration qui amplifiera les actions de chacun.

Il est primordial pour cela que l’ingénieur sache fédérer le plus grand nombre tout en permettant aux individualités de s’exprimer dans le respect des différences et l’intérêt du collectif. Il est fondamental qu’il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour éradiquer les dissensions stériles, voire létales, et n’en tirer que les aspects constructifs d’une analyse critique. Il est indispensable qu’il s’intéresse à toutes les femmes et à tous les hommes qui l’entourent, particulièrement ceux dont il encadre le travail, sans jamais perdre de vue la responsabilité sociétale qui lui incombe : trouver une place à chacun selon ce qu’il peut apporter, sans que personne ne soit exclu ni oublié. À charge pour l’ingénieur de se faciliter la tâche en anticipant les changements et en aidant ses collègues, camarades ou concitoyens à s’y adapter le plus facilement possible.

Ingénieurs du XXIsiècle

Alors, bien sûr, certains resteront malgré tout sur le bord de la route. Il importe que leur nombre soit aussi faible que possible et que jamais l’ingénieur ne passe à côté d’eux sans les voir.

Le travail bien fait dans l’intérêt du plus grand nombre est bien plus qu’une source de profit : c’est une source d’épanouissement personnel et une voie d’intégration dans la société. L’ingénieur qui conçoit et qui réalise est investi du pouvoir de transformer l’environnement dans lequel il exerce.

En lui reconnaissant les qualités d’un dirigeant moderne et solidaire, le bureau de la Soce saisit l’opportunité qui lui est donnée de rendre hommage à son président, en lui souhaitant un prompt et complet rétablissement. Nous avons organisé en peu de temps la Soce pour qu’elle puisse fonctionner en son absence : elle progressera d’autant mieux quand il sera de retour parmi nous. Soyons fiers d’être gadzarts !

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