Inventeur dans l’âme

Passionné depuis toujours d’optique et de mécanique, Paul Sauvageot (Cl. 78) a d’abord exercé vingt ans dans l’ingénierie de précision et le développement d’équipements pour la Défense avant de réaliser son rêve de jeunesse en 1997 en fondant sa propre activité.

Inventer des produits a toujours été la passion de Paul Sauvageot. Et ce dès le plus jeune âge. «En classe de seconde, j’avais déjà conçu et fabriqué un mini-four solaire avec un miroir parabolique, et je passais les cours de philosophie à dessiner des obturateurs photographiques», se souvient-il. Élève peu assidu, il obtient tout de même de bons résultats et, après une prépa en mathématiques, entre aux Arts et Métiers. Son diplôme en poche en 1981, ce résident de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) vise Paris pour travailler dans une grande entreprise. «Mon objectif n’était pas du tout d’intégrer un laboratoire de recherche, précise-t-il, car j’aimais également le business.» En clair, son idée n’était pas seulement de créer des produits, mais aussi de les vendre.
Son premier poste, il le décroche en 1983 chez Thomson-CSF (aujourd’hui Thales), en tant qu’ingénieur d’études chargé du développement de systèmes d’armes sur véhicules pour la Défense. Puis, très vite, il prend la responsabilité de projets plus importants. Après trois années, un chasseur de têtes le démarche pour rejoindre la société Mécanique Creusot-Loire, toujours à Paris. En tant que chef de projet, il est chargé cette fois de développer une famille de chars blindés légers. Ses activités sont multiples et il évolue rapidement en tant que responsable d’activité. Jusqu’à ce que l’entreprise, propriété d’Usinor Sacilor, soit revendue en 1992 au Giat Industries (devenu plus tard Nexter). Alors père de 3 enfants, il devient directeur technique et responsable du centre de profit ingénierie et déménage à Tarbes. Mais il comprend rapidement que la volonté de l’entreprise n’est pas de développer cette activité et, au bout de deux ans, il décide de partir. Avec quelle idée en tête ? Créer sa propre entreprise pour faire de l’ingénierie de précision. À l’époque, il vise deux marchés : les machines automatiques de précision pour l’industrie et les équipements optomécaniques pour les lasers à haute énergie. Il s’entoure de son frère, Franck, chargé des achats et de la production, et de sa femme à la comptabilité pour créer ISP System en 1997 dans la région de Tarbes.

Douze brevets en vingt ans

«Dès le départ, j’ai fait de la R&D de manière très pragmatique et, en un an, notre entreprise employait déjà 5 salariés», se réjouit-il. Son activité progresse d’année en année, mais il demeure prudent. Avec 80 salariés et 12 brevets déposés, il a atteint ses objectifs et même élargi son activité aux systèmes de précision pour les secteurs médical et aérospatial. «On a énormément travaillé les trois premières années, mais on s’est amusés comme des fous», raconte Paul Sauvageot, qui a appris, avec le temps, à lever le pied et à déléguer. Si c’était à refaire ? «Je referais la même chose — peut-être en prenant davantage de risques et en développant plus vite l’export», confie-t-il. Son entreprise, qui vend aux États-Unis et en Allemagne, vise en effet d’autres pays européens ou asiatiques, pour doubler son chiffre d’affaires dans les quatre prochaines années.