Jean-Louis Queguiner (An. 208), les données sous bonne garde

Après une expérience de six ans au Québec et un passage chez un gros distributeur français, ce gadzarts breton a aujourd’hui pour mission d’améliorer la maintenance prédictive des centres de données de l’hébergeur OVH.

À 30 ans, Jean-Louis Queguiner peut être fier de son parcours. Depuis un an et demi, il dirige de main de maître le département «big data» (mégadonnées) et intelligence artificielle de la société française OVH, premier hébergeur européen. «J’ai été recruté pour créer ce département stratégique pour l’entreprise. Géographiquement, je suis basé à Rennes, où nous possédons un bureau de cent salariés. À titre personnel, je gère une trentaine de collaborateurs. Historiquement, la Bretagne compte de très bons chercheurs en nouvelles technologies et en télécommunications», explique ce gadzarts, Breton lui-même. «Ma mission ? Contribuer à améliorer les marges et la productivité de l’entreprise grâce à la maintenance prédictive. Nous devons éviter les pannes, repérer les surchauffes dans les “data centers” [centres de données, NDLR]. Notre technologie, notamment le “machine learning” [apprentissage automatique], permet de détecter des signaux faibles afin d’intervenir à temps.»

Apprendre de l’échec

Retour en arrière. Pendant sa dernière année de scolarité aux Arts & Métiers, Jean-Louis Queguiner effectue un double diplôme à l’École de technologie supérieure de Montréal (Québec), où il décroche un master en modélisation informatique. Dans la foulée, il est recruté en tant que gestionnaire d’un gros projet de construction — un hôpital — dans la capitale de la Belle Province. Puis, il est recruté dans une autre entreprise pour gérer la convergence des systèmes d’information financiers au moment de l’acquisition d’une autre organisation. Deux ans plus tard, il est repéré par une jeune pousse spécialisée dans
la publicité en ligne. Parallèlement à son activité professionnelle, il crée son entreprise de gestion de calendriers pour des ligues sportives. Mais, peu satisfait de son expérience de startupper, il décide de rentrer en France après six ans passés au Québec. «Cette expérience nord-américaine a été très intéressante sur le plan des affaires et de la création d’entreprise. J’ai appris en me “plantant”. Je sais à présent que l’entreprise la plus performante n’est pas celle qui possède le meilleur produit, comme on le pense souvent en France, mais celle qui procède par itération avec ses futurs clients et qui sait faire parler d’elle.» Jean-Louis a également beaucoup apprécié l’équilibre entre vie de famille et travail en Amérique du Nord et, globalement, la meilleure hygiène de vie qu’on y observe. «Là-bas, on peut facilement s’absenter pour faire du sport pendant le déjeuner. Aucun risque de se le voir reprocher. Les Nord-Américains me paraissent plus efficaces que les Français pendant leur journée professionnelle. Ils ne restent pas tard le soir, à traîner en réunions inutiles.» À son retour en France, il est recruté par un gros distributeur français, comme directeur technique de l’entité «data» monde. Il met en pratique un management participatif qui lui tient à cœur. «Je déteste le management vertical. Je demandais à mes équipes de réaliser deux tâches importantes dans la journée. Le reste du temps, ils faisaient ce qu’ils voulaient. Résultat : ils travaillaient mieux, étant moins stressés.»

Chaque voix compte

Dans ses fonctions actuelles chez OVH, Jean-Louis Queguiner a mis en place des méthodes innovantes. Notamment dans le recrutement. «Chaque collaborateur de mon équipe donne son avis lorsque nous recrutons une personne. Ma voix ne compte pas davantage que celle
de chacun des mes collaborateurs. Soit nous sommes unanimes dans le choix, soit nous débattons. Cela permet de responsabiliser les uns et les autres et favorise la motivation.»

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.