L’aérotrain renaît en version électrique

Abandonné en France, adapté au Japon, le train sur coussin d’air revisité présente à nouveau des avantages. L’idée chemine. Au début des années 70, en France, l’aérotrain de la société Bertin semblait promis à un grand avenir… avant d’être condamné par la seule solution disponible, celle de la propulsion thermique.

La société TACV (1) reprend aujourd’hui l’idée, mais sur la base d’un moteur électrique associant les nouvelles technologies pour le transport (électronique de puissance, gestion de l’énergie, automatisation, communication…).
Record à 430 km/h ! Sur sa voie d’essai du Loiret, la vitesse atteinte le 5 mars 1974 par l’aérotrain I80 HV de Bertin et Cie devait marquer durablement les esprits. Sollicité par quelques ingénieurs audacieux, Gérard Coquery, retraité de l’Ifsttar (2), est devenu cofondateur de TACV. Non seulement il s’en souvient, mais il voudrait relancer cette innovation française qui n’a pas connu un succès commercial mérité.
«Avec son coussin d’air et sa légèreté, l’aérotrain était une invention fantastique, mais trop en avance sur les moyens de propulsion de l’époque. Notre idée, c’est de conserver le coussin d’air, plus facile à réaliser et plus léger que la sustentation magnétique [employée par le Maglev japonais, NDLR] et de remplacer le turbopropulseur ou réacteur d’origine par un moteur électrique linéaire asynchrone. À la différence du Maglev, pour réduire les coûts, le moteur ne serait pas dans la voie, mais dans le véhicule.» Outre l’absence de bruit de roulement, l’intérêt du système résiderait, selon le chercheur, dans la suppression du contact avec la chaussée – donc à l’absence d’usure de la voie, la masse du véhicule étant appliquée avec une très faible pression répartie sous tout le véhicule – et dans l’optimisation de la légèreté, de la modularité et de la surélévation de l’infrastructure. «Nous sommes en mesure de réaliser assez rapidement un train à 130-140 km/h, puis de monter dans un second temps à 200-250 km/h», précise le chercheur.
Soutenu par un petit groupe d’industriels français, TACV a été retenu au Brésil pour une pré-étude de faisabilité d’une liaison de 70 km entre les villes de Brasília et de Luziânia. Q J-.C. G.

(1) Tracked Air Cushion Vehicle, véhicule guidé sur coussin d’air.
(2) Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux.

Retrouvez notre dossier complet “Le train se réinvente” :
Dans quels trains voyagerons-nous demain ?
Le LCFC de Metz étudie les systèmes embarqués
” La grande vitesse ne fait pas tout “, interview de Gérard Coquery
Alstom se numérise à La Rochelle

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.