Les Arts option rue

Florent Julliard (Cl. 213) s’est lancé dans l’événementiel et la création artistique à sa sortie d’Arts et Métiers. Son idée: concilier ses compétences d’ingénieur et son envie de travailler avec des artistes de rue, les street-artistes.

Arts et Métiers mène à tout, même au street-art. En lançant son activité de création et d’événementiel en février 2016, Florent Julliard, alors en dernière année, choisit de bifurquer pour mettre ses compétences d’ingénieur au service des artistes et des cultures urbaines. Plutôt graffitis, murs customisés et structures éphémères que gestion de flux, process ou «lean management». C’est pourtant à l’École que son projet de concilier deux mondes qui le passionnent a mûri. «Je me suis investi en première année à Cluny dans l’organisation du gala, puis à nouveau en deuxième année, ce qui m’a donné envie de mêler mes capacités d’ingénieur en conception à la gestion de projets, de développer des compétences plus manuelles, des aspects de management, de logistique.» Il se met à bricoler, concevoir, construire et fait bientôt le lien avec des amis artistes de son enfance lyonnaise engagés dans le milieu du street-art. «J’ai commencé à leur fabriquer des supports de peinture et ça a bien pris.»
Aujourd’hui, le studio de création Bitume, qu’il dirige avec une camarade de promo, Fatemzahra Ghamizi (Cl. 213) — «qui travaille à côté comme ingénieure», précise-t-il —, opère sur trois axes: une branche événementielle, pour l’organisation de manifestations culturelles, une branche artistique, avec des projets plus orientés graphisme pour des entreprises et des collectivités, et la vente de produits culturels (t-shirts imprimés, toiles, créations). L’entreprise a déjà organisé plusieurs manifestations de «live painting» avec des artistes lors de concerts ou de manifestations, notamment au festival de reggae du Grand Bastringue de Cluny. Autres faits d’armes, une exposition à la fondation des États-Unis à la Cité internationale universitaire de Paris et, toujours à la Cité internationale, l’expo de street-art Rehab 1 au sein de l’ancienne maison des Arts et Métiers avant travaux en juillet 2016. Ce premier volet sera suivi, au sein de la nouvelle maison, de Rehab 2, projet de plus grande envergure où pas moins de 80 street-artistes seront accueillis durant trois semaines à partir du 16 juin. Sur la partie graphisme, Bitume a fourni ses premières prestations à Veolia (panneaux de chantiers, panneaux didactiques) et à Auchan (personnalisation de murs).

La porte de l’industrie reste ouverte

Florent Julliard partage aujourd’hui son temps entre Marseille, Paris et Lyon. Il espère capitaliser sur la réussite de Rehab 2 pour gagner en notoriété et trouver de nouvelles opportunités. Son ambition dans un second temps: dénicher un local, «un lieu de création et d’échanges», à la fois siège social et résidence artistique, et dégager suffisamment de chiffre d’affaires «pour gérer plusieurs grands projets en simultané». L’ingénieur, qui espère aller au bout de son ambition, dit n’avoir aucune difficulté à envisager un retour dans l’industrie si cela s’avérait nécessaire : «Être ingénieur est une chance. On a beaucoup de possibilités, mon stage chez Veolia dans le traitement de l’eau m’avait par exemple intéressé, même si cela ne me touchait pas autant que mon job actuel, pour lequel je veux tout donner avant de me résoudre à l’abandonner.»

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