Les spectres derrière l’IA

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Éric Roubert, rédacteur en chef.

Il fallait un lieu comme le Collège de France, à Paris 5e, pour qu’Emmanuel Macron présente, fin mars, les détails de la stratégie du gouvernement en matière d’intelligence artificielle (IA). Le président de la République a sanctuarisé les éléments de cette stratégie que sont la recherche, l’ouverture des données et les enjeux sociaux ou éthiques.

Mais, aujourd’hui, tout le monde s’interroge sur l’IA et sur la confiance qu’elle est censée inspirer. Les gros titres des journaux rappellent régulièrement les problèmes rencontrés : première collision mortelle d’un piéton par une voiture autonome ou 50 millions de donnés d’utilisateurs de Facebook utilisées à leur insu par, entre autres, une entreprise de marketing politique.

Le scepticisme est grand chez les salariés vis-à-vis de l’intelligence artificielle. C’est du moins ce qui ressort d’une étude du Boston Consulting Group et de l’assureur Malakoff-Médéric intitulée «Intelligence artificielle et capital humain». Salariés et dirigeants sont conscients des risques humains dont l’IA pourrait être porteuse. Ainsi, 56 % des répondants salariés craignent une déshumanisation du travail et une perte du lien social et 50 % redoutent une baisse des volumes de travail et d’emploi. Les dirigeants, eux, appréhendent surtout la multiplication de rapports et de contrôles (70 %), devant la déshumanisation et le volume du travail (57 %). Les manageurs partagent l’inquiétude sur le «reporting» et la déshumanisation du travail, en y ajoutant les questions d’éthique (64 % pour les trois items). L’intelligence artificielle a la capacité de changer le monde, mais à condition qu’elle soit largement acceptée par tous. Pour l’heure, ce n’est pas gagné. n

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