Monumental entrepreneur

Après dix-huit ans passés dans de grands groupes de travaux publics, Denis Cavat (Cl. 80) donne une tournure différente à sa carrière. En 2002, il rachète l’entreprise iséroise Glénat, qui restaure des bâtiments anciens et des ouvrages d’art. Un tout autre métier dans lequel il s’épanouit pleinement.

Tout petit déjà, Denis Cavat aimait jouer avec ses petits camions à être entrepreneur. Son idée s’affine quelques années plus tard lorsque, sur les conseils d’un ami de ses parents, il entre en prépa technologique pour devenir ingénieur : ce seront les travaux publics. «À cette époque, je rêvais de grands chantiers et d’engins de travaux», se souvient-il. Il s’oriente alors logiquement vers Arts et Métiers, «le nec plus ultra après la prépa», pour être certain d’avoir un large éventail de possibilités à la fin de ses études. Ce qui se confirme. En 1984, après son service militaire, il entre chez Fougerolle (aujourd’hui Eiffage Construction). Conducteur de travaux, il travaille à la construction des ouvrages souterrains de l’accélérateur de particules du Cern, un grand anneau de 27 km, à cheval sur la Suisse et la France. Une activité qu’il mène pendant un an jusqu’à ce qu’on lui propose d’intégrer la filiale Études et Travaux de fondations, à Paris, en tant que directeur d’exploitation. Mais l’entreprise connaît des difficultés et il atterrit finalement en 1988 chez Razel, à l’époque le plus gros terrassier français. Fort de son expérience dans les travaux souterrains, il est affecté au chantier du métro de Toulouse pendant deux ans. Suivent ensuite deux années en Allemagne, au sein de Hochtief, qui construit notamment le funiculaire de Tignes.

Envie d’indépendance

Mais il est loin de sa femme, qui travaille à Paris, et de sa fille qu’il vient tout juste d’adopter. La famille décide en 1992 de partir. Direction : la Nouvelle-Calédonie, sur la proposition d’un copain gadzarts, qui y dirige une entreprise de travaux publics. Directeur de travaux pendant trois ans et demi, il agrandit sa famille en recueillant deux autres enfants. Jusqu’à ce qu’un de ses amis, directeur de Royans Travaux (groupe Eiffage) près de Grenoble, lui propose en 1995 de prendre sa place. «J’avais fait des stages avec lui lorsque j’étais élève aux Arts et Métiers, explique Denis Cavat. Sa proposition tombait pile au bon moment, car il était temps pour ma famille de rentrer en métropole.» De retour sur ses terres iséroises en 1996, il dirige donc la filiale.
Mais son envie d’indépendance le pousse à sauter le pas pour devenir son propre patron. En 2002, il rachète une entreprise locale, Glénat, qui restaure des bâtiments anciens et des ouvrages d’art. «Même si c’était nouveau pour moi, l’activité de cette entreprise, que je connaissais bien, m’attirait», explique-t-il. Après une année de passage de relais «en douceur» avec le fondateur, Robert Glénat, il mène sa petite entreprise basée à Saint-Romans, en Isère, qui compte aujourd’hui une vingtaine de salariés. «Certes, j’ai les mains dans le cambouis comparé à d’autres gadzarts, dit-il, mais j’ai une grande liberté d’action et la chance de travailler avec mes collaborateurs sur des monuments merveilleux.» À 57 ans, il pense désormais, non pas à sa retraite, mais à la transmission de son entreprise… Ce qui se fera dans plusieurs années, pas avant.