“Notre labcom est opérationnel”, Olivier Lapierre, gérant de Symétrie

Le prix Innovation & International, gagné haut la main au salon Midinnov, a braqué les projecteurs sur la société Symétrie. La PMI nîmoise spécialisée dans la conception et la fabrication d’hexapodes est engagée dans la recherche partenariale via un «labcom». Éclairage sur un dispositif taillé pour les petites entreprises innovantes.

AMMag – Symétrie emploie 24 personnes. Combien sont affectées à l’innovation ?
Olivier Lapierre – Nous employons six ETP (équivalents plein-temps, NDLR) à la recherche et quatorze au développement. Ces derniers s’occupent notamment de l’adaptation des produits aux besoins des clients. «In fine», sur 24 salariés, seuls quatre sont chargés des tâches administratives. Et plus de 800 000 euros sont affectés à notre R&D, quelque 20 % du chiffre d’affaires.

AMMag – Avez-vous accès aux aides à la recherche ?
O. L. – Oui. Nous recourons principalement au crédit d’impôt recherche. Récemment, nous avons monté un dossier d’aide européenne Eurostar, sur la micromécanique, en partenariat avec le Centre suisse d’électronique et de microtechnique. Mais le montage des dossiers est chronophage pour des montants cumulés relativement faibles, environ 5 % de notre budget global de R&D.

AMMag – L’écosystème français d’innovation est-il adapté aux entreprises de la taille de Symétrie ?
O. L. – Il existe de nombreux dispositifs d’aide à l’innovation en France. Le pôle de compétitivité transrégional Optitec nous a permis de nous développer à l’export par l’organisation de nombreux rendez-vous à l’étranger. Les derniers eurent lieu en Israël et en Corée du Sud. Il y a peu, j’ai découvert un dispositif parfaitement adapté aux PMI ayant un tropisme R&D développé : le «labcom» (1) — les instituts Carnot s’adressant davantage aux grandes structures. Le principe est simple : l’industriel doit préalablement trouver le laboratoire public adéquat en compétences et en équipement. Une convention est ensuite signée, pour créer une équipe. Celle-ci peut être composée de personnes déjà salariées par l’un et l’autre partenaire ou nouvellement embauchées. Actuellement, Symétrie et le Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de l’université de Montpellier ont chacun mis à disposition deux ETP. Notre labcom, nommé Posilab, a également embauché un ingénieur de recherche, Alain Vissière (Li. 205). Il sera prochainement rejoint par un doctorant. En à peine un an et demi de partenariat, Symétrie a amélioré sensiblement la qualité de ses produits. Aujourd’hui, notre défi consiste à passer d’une résolution micrométrique à une résolution nanométrique. Nos clients nous y poussent.

(1) Créé en 2013, le programme Labcom incite les acteurs de la recherche publique à créer des «laboratoires communs» avec des PME ou des ETI. Le contrat qui lie les partenaires définit la gouvernance, une feuille de route scientifique et technique et le partage des recettes. Le financement, directement versé par l’Agence nationale de la recherche au laboratoire, porte sur la phase de montage du labcom et sur son fonctionnement initial
(plus d’infos sur www.agence-nationale-recherche.fr).

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