«Nous sommes revenus aux fondamentaux», Laurent Champaney

Établissement public oblige, l’École nationale supérieure d’Arts et Métiers passe tous les cinq ans un contrat avec l’État. Cette année, elle signe un document pour la période 2019 à 2023. Laurent Champaney, directeur général, explique la feuille de route stratégique de l’établissement.

AMMag – Quelles sont les demandes de l’État ?
Laurent Champaney – L’État nous demande de préciser plusieurs choses. Qui nous sommes. Ce que nous voulons faire. À quelle politique publique nous voulons répondre et comment la mettre en action pendant cinq ans. Sur le premier point, celui qui porte sur l’identité de l’Ensam, nous sommes revenus aux fondamentaux !

AMMag – C’est-à-dire ?
L. C. – Nous sommes retournés dans l’Histoire et nous nous sommes souvenu que cet établissement n’a pas, il y a près de deux cent cinquante ans, été créé comme une université mais bien comme une école dont la mission était d’accompagner l’industrie pour un besoin de société à travers la demande croissante de mécanisation. Et donc, on considère aujourd’hui que le besoin reste le même en accompagnant l’industrie dans le passage à la quatrième révolution industrielle, celle du numérique. Cet établissement souhaite demeurer un acteur socio-économique au service de l’industrie et des territoires.

AMMag – Les territoires en ont besoin…
L. C. – Effectivement, la dynamique territoire-/entreprise est très forte. Les territoires ont besoin de formation, de recherche, pour fixer les jeunes qui vont intégrer des entreprises, en créer de nouvelles et, plus largement, contribuer à la richesse d’un territoire.

AMMag – Beaucoup d’écoles se posent la question du positionnement de leur établissement par rapport à l’intelligence artificielle, aux mégadonnées ou aux technologies numériques. Quel est le vôtre ?
L. C. – Justement, par rapport à nos fondamentaux, nous avons décidé de positionner l’École sur l’interaction, l’être humain, le numérique et l’industrie. N’oublions pas que nous formons des hommes et des femmes qui prendront des décisions à partir d’informations numériques. Leurs choix seront pertinents parce qu’ils ou elles connaîtront la qualité de ces informations, la réalité industrielle et les modèles qui se cachent derrière. Dans la formation aux Arts et Métiers, nous mettons les jeunes en action sur des systèmes industriels réels tout en travaillant sur leurs modélisations.

AMMag – En tant qu’établissement public, vous vous devez de répondre aux politiques publiques. Dès lors, quels sont vos choix stratégiques ?
L. C. – Le premier axe stratégique est celui de la participation à l’aménagement du territoire. Le deuxième porte sur la contribution à la performance et à l’innovation industrielle en France, mais aussi à l’étranger. Enfin, troisième et dernier axe […], nous voulons incarner à travers toutes nos actions une culture «industrie du futur».

AMMag – Dans votre feuille de route, vous n’oubliez pas les étudiants…
L. C. – Le champ de la vie étudiante est très important, puisqu’on va pouvoir travailler sur le comportement humain de ces jeunes, qui investiront l’industrie du futur une fois diplômés. Nous avons mis en avant un nouveau projet de vie étudiante à travers trois axes : la capacité de s’approprier une culture d’entreprise — les élèves commenceront par la culture de l’École et celle des gadzarts — ; la capacité de construire un collectif humain fort et soudé et de le faire vivre ; enfin, la responsabilité sociale de l’ingénieur dans l’entreprise.

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