Objectif zéro accident pour ZF

Automatiser davantage la conduite afin d’augmenter la sécurité du conducteur et des passagers, tel est le sens des dernières innovations présentées par l’équipementier automobile ZF. Les fruits de cette politique, baptisée Vision Zero (1), sont déjà là.

La fonction anti-contresens de ZF prévient le conducteur avant d’arrêter le véhicule sur le bord de la chaussée.

«Le véhicule autonome va démarrer par la sécurité, affirme Thierry Métais (Bo. 78), directeur général de ZF France, thème sur lequel notre groupe est très présent, aussi bien dans les solutions passives, pour la protection après le choc, qu’actives, pour prévenir le choc.» Cet équipementier cherche à rassembler le maximum de compétences sur le système global de l’autonomie. Sa stratégie passe par l’élévation des compétences internes et par l’achat de compétences externes : 40 % d’Ibeo pour des lidars, des systèmes de télédétection par laser, et 45 % d’Astyx pour des radars ultra-hautes fréquences. Des partenariats ont également été noués avec Nvidia pour l’intelligence artificielle et Faurecia pour l’habitacle du futur.

«See, think and act»

Dans la profession, on aime bien utiliser la formule anglaise «see, think and act» — «voir, penser et agir». «See», c’est percevoir l’environnement de la voiture grâce aux informations capturées par des outils complémentaires, comme les radars, les caméras ou les lidars. Une fois ces informations validées, intervient le «think», l’«intelligence» qui décidera de l’action de la voiture. Le troisième, «act», c’est agir : éviter, freiner, accélérer… Les ordres sont transmis par un logiciel qui influe sur des organes électromécaniques.
La détection de l’inattention du conducteur, deuxième cause d’accident, et la fonction anti-contresens furent deux des innovations spectaculaires présentées le 21 juin dernier sur le circuit de Pachfurth, en Autriche. Sans réaction du pilote et en cas de danger imminent, le véhicule prend son propre contrôle jusqu’à la fin du risque. Ainsi, pour la deuxième innovation, le conducteur est en effet prévenu qu’il circule à contresens par un ralentissement brutal, jusqu’à l’arrêt du véhicule sur le bord de la chaussée.
«Les technologies d’aide à la conduite sont installées depuis quelques années déjà. Selon Thierry Métais, l’échelle de maturité du véhicule autonome compte six niveaux. Nous en sommes au deuxième : il faut convaincre les conducteurs dès à présent. Les niveaux 3 et 4 arriveront à partir de 2020 sur certains modèles. Globalement, la profession estime que le mouvement se massifiera entre 2026 et 2030. La cohabitation entre véhicules autonomes et non-autonomes sera difficile, du moins dans un premier temps.» Le parc devrait passer au tout-autonome en 2040, voire 2050.

De la voiture à la mobilité

Les activités de ZF concernent également les poids lourds, les bus, les engins de chantier et le machinisme agricole. Selon Thierry Métais (Bo. 78), «le groupe a déjà mis au point un tracteur entièrement automatisé, depuis les opérations de semis jusqu’à celles de la récolte». ZF veut aller au-delà des véhicules en attaquant le marché de la mobilité au sens large, notamment sur les questions de logistique, dont celle du dernier kilomètre. Cela va du vélo au véhicule électrique à trois roues pour le centre-ville. Parmi ses partenaires, citons Deutsche Post, entreprise de transport et logistique. 

Retrouver l’interview de Thierry Métais, directeur général de ZF France, par Arts & Métiers TV :

(1) Le concept Vision Zero valorise autant le zéro accident que le zéro émission.

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