Pilote de la mutation numérique

Après un début de carrière atypique pour un gadzarts, Éric Grumblatt (Ai. 87) rentre dans le conseil aux entreprises. Spécialiste de la performance opérationnelle, il est aujourd’hui membre du comité de direction de Capgemini Consulting France et porteur de l’offre «Digital Manufacturing» de la division conseil au niveau mondial.

«Le conseil, c’est un métier où tout va très vite. On n’a pas le temps de se lasser et cela correspond bien à mon tempérament d’entrepreneur et de “business developer”», résume Éric Grumblatt, vice-président exécutif de Capgemini Consulting en charge de l’offre Digital Manufacturing. Quoique fils de gadzarts, il confie qu’il aurait préféré faire une école de commerce. «J’étais cent fois plus fait pour car j’étais bon en maths et en physique, mais nul en technique.» Une fois à l’Ensam, il se rattrape en s’inscrivant au mastère HEC Entrepreneurs et en devenant président de l’Union des élèves. «Les Arts, c’était quand même très bien, notamment parce qu’on y apprend à parler à tout le monde dans l’entreprise, de l’ouvrier au plus haut responsable.»
À HEC, de 1990 à 1991, c’est un tout autre environnement qui l’attend. «Il y avait un melting-pot d’étudiants assez remarquable : je m’y suis fait un premier réseau. On apprend aussi à se vendre, ce qui n’était pas trop le cas aux Arts. Et puis j’ai découvert Excel, un truc génial qu’on ne m’avait jamais montré auparavant !»

La pub, un «handicap» vite surmonté

En 1992, pour mettre en pratique ses nouvelles connaissances entrepreneuriales, Éric Grumblatt crée sa propre société avec un camarade publicitaire rencontré à l’armée. Une «boîte de pub» baptisée Santa Fé Advertsising. «Erreur de jeunesse. J’avais très envie de me lancer, mais cela ne s’est pas terminé comme prévu. Avec la crise de 1993, j’ai perdu coup sur coup mes deux plus gros clients et dû fermer.» Revenir dans l’industrie s’avère alors assez difficile. «Mon passage par la pub n’était pas bien compris par les recruteurs. J’étais perçu comme un animal pas commun, plus âgé que mes petits camarades et susceptible de créer du désordre, voire difficile à garder.» En 1994, Éric Grumblatt entre donc chez Bossard Consultants, société de conseil en stratégie qui sera ensuite achetée par Capgemini. «En fait, si l’on compte bien, cela fait près de vingt-trois ans que je suis dans la même entreprise.»
Chez Bossard, il participe à de nombreux projets de transformation pour de grands groupes industriels. Entre 1998 et 2000, il est envoyé en Nouvelle-Calédonie auprès de la Société Le Nickel (SLN) avec une dizaine d’ingénieurs d’autres écoles. «C’est là que j’ai vraiment compris la spécificité des gadzarts. J’ai constaté à quel point nous étions bien accueillis par la communauté locale, mieux intégrés.» En 2012, il quitte temporairement le conseil pour prendre en charge la branche intégration de systèmes de Capgemini pour la région Rhône-Alpes-Auvergne. «Je suis passé brutalement du pilotage d’équipes de 10 à 20 personnes au management de 700 personnes. Une sacrée expérience !» Revenu dans le conseil en 2015 en entrant au comité de direction de Capgemini Consulting France, Éric Grumblatt est actuellement en charge de l’accompagnement des clients dans leur transformation numérique industrielle. Un poste éminemment stratégique. «Dans quelques années, cette offre pourrait représenter plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires pour Capgemini.»