Pro du décolletage

À 59 ans, Didier Bouvet (Ch. 78) a connu les hauts et les bas de la vie d’entreprise, le travail en solo et une installation réussie en Haute-Savoie. C’est là que, depuis fin 1996, il dirige la filiale française de Bucci Industries.

Didier-Bouvet-DG-Bucci-Industries-France
Didier Bouvet (Ch. 78). 1984 : Compagnie française des Convoyeurs, en charge de la gestion des prix de revient. 1987 : Fonde Automatisation Manutention Services (AMS). 1991 : Créé sa société de conseil Stradev (Stratégie de développement). 1992 : Automation Équipement, secteur du décolletage, s’installe en Haute-Savoie. 1996 : Directeur Iemca France, puis DG Bucci Industries France.

Quand il intègre l’Ensam en 1978, Didier Bouvet monte dans l’ascenseur social. Ce fils d’artisan s’investit dans les activités de l’École jusqu’à devenir président du BDE en troisième année, puis complète sa formation généraliste à l’IAE de Paris. À son retour du service national en coopération au Gabon, en 1984, il débute à la Compagnie française de convoyeurs, un sous-traitant automobile, où il a en charge la gestion des prix de revient, puis l’ordonnancement et les travaux neufs. Mais l’entreprise connaît alors des difficultés et Didier Bouvet, devenu directeur industriel, la quitte en 1987. «Deux éléments m’ont profondément marqué, se souvient l’ingénieur : le comportement déplorable du secteur automobile vis-à-vis de ses sous-traitants d’équipements de production et le fait d’avoir distribué, à seulement 28 ans, 150 lettres de licenciement.»
Avec des ex-collègues, il fonde alors AMS dans le domaine de la manutention. Les débuts sont encourageants : croissance forte, filiale en Belgique, création d’une société, rachat d’une autre… Mais la crise du début des années 90 et le dépôt de bilan de son principal client sonnent le glas. Pour Didier Bouvet, c’en est trop, il bifurque vers la profession libérale et crée sa société de conseil (Stradev) en 1991. Problème : l’ingénieur a du mal à travailler seul. Il ne va pas le rester car ses deux principaux clients lui proposent un poste. Il en choisit un : direction Cluses (Haute-Savoie) et la vallée du décolletage afin de rejoindre Automation Équipement.

Une filiale à implanter et développer

Une fois encore, l’expérience commence bien. Femme et enfants le rejoignent au bout de quelques mois. Mais, en 1996, il est poussé -dehors par le chef d’entreprise. Un mois plus tard, le fournisseur -principal italien, Iemca, fabricant d’embarreurs, lui propose alors de développer les marchés de langue française «et de suivre les performances des agents commerciaux (ou des distributeurs), dont faisait partie mon ancienne société, qui décide alors d’arrêter sa collaboration avec Iemca». Didier Bouvet crée alors la filiale Iemca France en octobre 1996. Intégrée dans Bucci Industries, Iemca France emploie aujourd’hui près de 50 personnes et capte 70 % du marché des embarreurs automatiques. L’entreprise a diversifié ses activités dans l’automatisation industrielle, les lignes d’assemblage, le contrôle et l’automatisation des pharmacies d’hôpitaux. Parallèlement, «nous avons développé une activité R&D et mis au point nos propres produits, que la maison mère nous demande maintenant de chiffrer pour en faire profiter le groupe».
Engagé dans les instances représentatives de la profession (Symop) et des entreprises (CPME de Haute-Savoie), Didier Bouvet estime que la société de demain devra être réactive, organisée avec rigueur et -développer des relations humaines originales pour être performante. De son passage aux Arts, il a conservé «la maîtrise des ordres de grandeur, la capacité à comprendre vite des phénomènes pour les traduire avec des mots simples». Et une certaine humilité, qu’il met aussi au service des clients de l’hôtel-restaurant de son village savoyard, qu’il a repris avec sa femme, et où il assure le service le week-end. «Histoire de garder les pieds sur terre.»

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