«Le “toujours plus rapide, précis et mieux” ne suffit plus»

L’EMO Hanovre, premier salon mondial des technologies d’usinage des métaux, se tiendra du 16 au 21 septembre. Partenaire du salon, AMMag a interrogé le Dr Wilfried Schäfer, président de la VDW (1), sur les tendances technologiques du secteur et la communication entre machines.

AMMag – Que vous inspire la devise du salon de cette année, «les technologies intelligentes, moteur de la production de demain» ?
Dr Wilfried Schäfer – Cette année, l’EMO Hanovre se concentre sur le changement de paradigme dans la production industrielle. Cette dernière ne se focalisera plus seulement sur le «toujours plus rapide, précis et mieux», mais s’intéressera aussi au développement et à la mise en œuvre de nouvelles fonctions dans le cadre de l’industrie 4.0. La numérisation et la mise en réseau intelligente, associées à de nombreux nouveaux développements allant du «big data» à la filière des plateformes, en passant par l’analyse des données et l’IA, créeront la base d’autres modèles économiques.

AMMag – Justement, où en est-on de la normalisation des communications entre machines ?
W. S. – La mise en réseau globale dans le sens de l’industrie 4.0 n’est possible que si l’échange des données sur l’ensemble de la chaîne de processus s’effectue via des interfaces standardisées. Sous la marque Umati, la VDW coopère avec les principaux fabricants de machines-outils et fournisseurs de leurs commandes numériques afin de développer un tel standard pour une interface ouverte permettant de connecter les machines-outils aux systèmes informatiques. Cela simplifie considérablement la numérisation et rend accessible aux PME-PMI le potentiel des environnements de production modernes. La première sémantique standardisée concertée et les premières spécifications de mise en œuvre sont en cours d’élaboration afin de permettre la surveillance des machines, les appels de programmes, les compteurs de pièces, les messages d’erreur, etc. Umati est cependant appelé à évoluer, de sorte que d’autres étapes d’extension ou des ajouts spécifiques aux processus, par exemple pour le laser ou le travail du bois, deviendront envisageables.

AMMag – Quelle est la stratégie des fabricants allemands de machines-outils face à leurs concurrents chinois, dont les compétences techniques et scientifiques ne cessent de progresser ?
W. S. – Bien sûr, la concurrence continue de se développer, mais nous ne nous restons pas inactifs. Les composants dont vous avez besoin pour construire une machine-outil de haute qualité, productive et précise, existent depuis longtemps et vous pouvez les acheter partout dans le monde. Mais l’accès aux roulements, paliers, guides, broches, entraînements ou commandes n’est cependant pas suffisant. Notre grand avantage est l’expérience résultant d’une longue tradition alliée au savoir-faire des processus dans les applications les plus diverses. Ce n’est pas si facile à transférer, à transmettre ou à apprendre. En fin de compte, nous devons veiller à maintenir notre avance le plus longtemps possible grâce à une excellente formation et à nos structures du Mittelstand [tissu allemand de PME-PMI et ETI, NDLR].   

(1) Initiales de Verein Deutscher Werkzeugmaschinenfabriken, en français Association des fabricants allemands de machines-outils.

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