Transpod, un “hyperloop” dans le Limousin

Avec Hyperloop, Elon Musk a défriché le chemin. Depuis, plusieurs entreprises ont suivi ses pas sur la voie de ce nouveau moyen de transport, basé sur des capsules mues par électromagnétisme sous basse pression à l’intérieur d’un tube. Parmi celles-ci, Transpod dans le Limousin.

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Voyager dans une capsule à l’intérieur d’un tube sous vide à plus de 1000 km/h sera une réalité grâce aux projets «hyperloop». C’est, en tout cas, ce qu’affirme Transpod, une entreprise canadienne cofondée en 2015 par Sébastien Gendron, aujourd’hui PDG, et Ryan Janzen, directeur de la technologie. «Transpod a germé avec l’envie de démarrer ma propre société, raconte Sébastien Gendron. Ayant déjà une expertise dans les transports, je souhaitais rester dans le même domaine. Les projets de recherche et développement menés par les grands groupes industriels manquaient d’ambition. Mais, quand Elon Musk a validé son idée en 2013, j’ai vu une fenêtre s’ouvrir et je me suis lancé.» Une première levée de fonds a été effectuée en 2016 auprès d’un investisseur italien, qui a permis de développer deux sous-systèmes, notamment la transmission de puissance et la signalisation. Au-delà de la recherche technologique, l’aspect réglementaire pour ce nouveau type de transport reste primordial. Cet hyperloop utilisant plusieurs technologies issues de l’aéronautique, l’objectif est d’utiliser les mêmes standards de sécurité en les adaptant au cadre réglementaire du transport terrestre ferroviaire.

Plus de 10 milliards pour relier Limoges à Paris

Aller de Paris à Limoges en moins de trente minutes fait rêver. Pour certains, cela relève plutôt de la science-fiction, malgré l’optimisme de plusieurs partisans du projet. En effet, Transpod, qui a déposé début août le permis de construire de son centre d’essai à Droux (Haute-Vienne), évalue le projet entre 25 et 30 millions d’euros le kilomètre. Or, 392 km séparent Limoges de Paris…

Le système est basé sur la propulsion électromagnétique de véhicules dans une glissière à tube protégée, dont la pression d’air est réduite et contrôlée pour améliorer les performances à grande vitesse. «En 2019, nous allons construire un kilomètre de piste et le premier bâtiment. Puis, en 2020, deux autres kilomètres. Le premier kilomètre nous permettra, entre autres, de tester le tube», a expliqué Sébastien Gendron, qui a confirmé le 21 janvier, devant Emmanuel Macron à Versailles, qu’il investissait dès cet année 20 millions d’euros dans cette ligne expérimentale. Si tout se passe comme il le prévoit, les premiers passagers l’emprunteront entre 2035 et 2040.

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Des capsules en fuselage d’avion

La recherche et le développement de Transpod sont concentrés sur le véhicule, appelé également «pod» (capsule, en français), qui concentre la technologie. Pour le choix des matériaux, deux options se dessinent : composite et métaux légers (type alliage aluminium-lithium ou acier). En plus des propriétés d’allégement, les composites offrent la possibilité d’intégrer différentes fonctions, comme l’utilisation de capteurs afin de suivre l’évolution des matériaux. Les capsules circulent grâce à un champ électromagnétique. Les matériaux devront donc être le plus isolant possible. Cela élimine le carbone, le meilleur candidat devenant un composite avec un renfort en fibres de verre. Les cahiers des charges n’étant pas définis, il faudra considérer l’équation économique ainsi que les avantages procurés par les matériaux composites.

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