Un check-up pour se sentir conforté

Un check-up permet de dresser un bilan de ses six derniers mois d’activité dans l’entreprise. Ainsi, il sera plus facile d’appréhender sereinement son futur professionnel.

Vous souhaitez être conforté quant à votre positionnement au sein de votre entreprise ? Faites un check-up. Autrement dit, un bilan rapide de vos six derniers mois d’activité afin de déterminer si vous vous situez dans une situation confortable ou à risques. Pour cela, identifiez vos signaux d’aise et d’alerte. «Plus ou moins faciles à repérer, ces signaux sont liés à votre être, votre poste ou votre secteur d’activité. Les détecter aide à bien agir ou à réagir pour tirer avantage de la situation», souligne Joëlle Planche-Ryan, coach et responsable développement du pôle Carrières d’Arts et Métiers Alumni. Soit vous validerez objectivement que vous êtes à l’aise et serez conforté dans votre parcours, soit vous prendrez conscience d’un risque potentiel et exercerez une vigilance accrue. Vous pourrez ainsi rectifier le tir, mettre en place des actions préventives ou correctives et réfléchir à votre mutation ou départ éventuel, s’il apparaît que votre place est ailleurs. Si vous êtes en cours de recrutement, ces signaux vous aideront à prendre la bonne décision. «Acceptez le poste si les signaux d’aise sont acceptables ou assez nombreux pour vous. Refusez-le dans le cas contraire», analyse Joëlle Planche-Ryan.

Alertes internes et externes

Premiers signaux à repérer : ceux liés à votre être. Votre corps possède-t-il suffisamment de ressources et d’énergie ? Votre cœur est-il apaisé ? Votre âme est-elle sereine ? Bref, savez-vous pourquoi vous vous levez le matin ?
Examinez ensuite les signaux liés à votre relationnel — votre n+1, c’est-à-dire votre responsable hiérarchique direct, et vos collègues. «La relation au n+1 représente l’un des premiers facteurs d’échec et une relation dégradée aboutit souvent au départ du n–1, rappelle Joëlle Planche-Ryan. Si votre boss adopte une attitude négative, s’il ne vous convie plus aux réunions ou ignore ce que vous faites, soyez vigilant. Vous devenez plus facilement licenciable en cas de coup dur.» Redoublez d’attention si vos collègues vous traitent moins bien ou si vos n–1 ne vous apprécient pas. «Si les favoris de votre boss ou de votre service pensent du mal de vous, leur pouvoir de nuisance constitue un réel risque», avertit Joëlle Planche-Ryan.

Alerte liée à votre poste

Dans le cadre de votre check-up, assurez-vous que votre charge de travail n’a pas été anormalement allégée ces six derniers mois, que votre niveau de responsabilité et votre périmètre d’intervention n’ont pas diminué. Évaluez les compétences requises pour votre poste. Sont-elles suffisantes pour réaliser ce qui vous est demandé ? Votre dernière évaluation était-elle satisfaisante ? Avez-vous obtenu une prime ou une augmentation cette année ? Par ailleurs, examinez attentivement votre poste au sein de l’organigramme. Son évolution est-elle favorable ou neutre ? Les décisions stratégiques l’ont-elles affecté ?
Enfin, intéressez-vous à la manière dont votre chef est perçu par ses supérieurs. Son déficit de capital confiance est susceptible de déteindre sur vous ou de vous fragiliser. «Si votre n+1 projette de partir, vous aurez à prouver au nouvel arrivant vos capacités et votre potentiel. Cela peut vous être favorable», résume Joëlle Planche-Rayan.

Alerte liée à votre entreprise

Soyez attentif aux indicateurs de la chute de votre entreprise. L’Américain Jim Collins, qui étudie les causes du déclin d’entreprises en apparence solides, identifie cinq étapes. En un, l’arrogance née de la réussite (hubris, chez les Grecs anciens) : l’organisation ne perçoit pas les risques qui la guettent et le monde qui change. En deux, la quête indisciplinée du «toujours plus» : la croissance absorbe les ressources et détourne du métier principal. En trois, le déni du danger. En quatre, le salut à tout prix par le recrutement d’un patron externe qui réorganise de fond en comble ou réalise une acquisition transformante — deux solutions souvent inefficaces ou suicidaires. Enfin, en cinq, la capitulation : l’entreprise devient insignifiante ou suicidaire. «Il suffit d’examiner quelques indicateurs clés pour évaluer la santé de votre entreprise, analyse Joëlle Planche-Ryan. Commencez par les indicateurs humains, les plus significatifs et faciles à observer.» Exemple : le top-management gère-t-il convenablement le risque ? Le turnover est-il égal ou plus faible que la moyenne du secteur ? Analysez la stratégie de l’entreprise. Est-elle claire ? Existe-t-il des signes avant-coureurs d’une fusion ou d’une acquisition ? L’entreprise prévoit-elle une fermeture, une cession, une acquisition ou une délocalisation ?
Il importe ensuite d’examiner le business global. Les indicateurs de type «ventes», «profitabilité», «qualité» ou «satisfaction client» sont-ils stables ou croissent-ils ? Épluchez également les indicateurs financiers, les chiffres clés, les bilans annuels et autres documents de référence. «Une dégradation est mauvais signe, indique Joëlle Planche-Ryan, notamment si elle se prolonge et que la stratégie de l’entreprise ne suffit pas à l’expliquer.»
Enfin, examinez la santé du secteur. Est-il en croissance ? Subit-il des bouleversements de fond — mutations technologiques ou sociétales ? Est-il en proie à des regroupements ? Des délocalisations ? Des licenciements massifs ? Selon Joëlle Planche-Ryan, une dégradation de l’environnement d’une entreprise est souvent précédée de signaux d’alerte, aussi minimes soient-ils. «La moitié des professionnels fait l’autruche. Ne vous trompez pas de camp», conclut-elle.

Cet article marque le début d’une série consacrée aux conseils pratiques aux professionnels en activité ou en recherche d’emploi, inspirés du livre «Boostez votre parcours professionnel avec le mind mapping» de Joëlle Planche-Ryan, coach et responsable développement au sein du pôle Carrière d’Arts et Métiers Alumni, et Stéphanie Vasen (Eyrolles, 2014).

Laisser un commentaire